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Dernière mise à jour:
22 août 2010
Site réalisé par:
Simon Rouleau-Mailloux

À PROPOS DU THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND

Historique de la Corporation:

Au milieu des années quatre-vingt, les autorités du Collège de l’Assomption commencent à rêver au projet de construire une nouvelle salle de concert et de théâtre qui prendrait la relève de la désuète salle académique érigée en 1883 et rénovée en 1950. Cette histoire porte le sceau de la ferveur d’un groupe d’irréductibles qui n’a jamais voulu rendre les armes. C'est l’histoire de la Corporation Hector-Charland.

En avril 1988 sont réunies les forces vives du sud de Lanaudière pour former un organisme sans but lucratif qui deviendra le porteur du flambeau d’un projet de construction d’une salle de spectacles régionale dans l’environnement du Collège de l’Assomption. Les lettres patentes sont scellées le 24 novembre 1988. La Corporation Hector-Charland est née. Sa mission et ses objectifs consistent essentiellement à doter la partie sud de la région de Lanaudière d’une salle de spectacles, de la développer et de la gérer. À son assemblée générale de fondation, la Corporation nomme Alain Bergmans comme premier président du conseil d’administration.

La Corporation Hector-Charland est soumise à un double défi qui marquera sa jeune histoire : intervenir sans relâche sur le terrain politique pour réaliser la construction d’une salle de spectacles régionale et développer sa crédibilité comme diffuseur. Le conseil d’administration multiplie les actions pour faire preuve de la viabilité d’une salle de spectacles sise à L’Assomption.
Puis, survient une période plus «noire» pour la Corporation où d’autres projets voient le jour dans la région. Devant la multiplicité des démarches, la ministre des Affaires culturelles impose une concertation autour d’un projet unique. Entre temps, une fidèle équipe de bénévoles met en place un modèle d’organisation administrative pour diffuser des spectacles. Quelques spectacles sont présentés à l’église de L’Assomption. Puis, après de modestes débuts au Théâtre de la Vieille Chapelle, le nombre de représentations double dès la troisième année de diffusion. La passion des responsables de la Corporation porte toujours le projet.

Alors que la firme Scéno Plus dépose un rapport révisé de l’étude de faisabilité recommandant la construction d’une salle de 800 places et que ces conclusions reçoivent l’aval de la Ville de L’Assomption et du Collège de l’Assomption, coup de théâtre : l’ampleur du projet est remise en question en faveur d’une salle réduite à 450 places. Les principaux intervenants manifestent leur désaccord le plus total en regard d’une salle de dimension aussi réduite.

Au moment où le dossier de la construction de la salle se trouve dans une situation plutôt confuse, de nombreux changements se produisent au sein du conseil d’administration de la Corporation. Alain Bergmans est remplacé par Léo Jacques à la présidence. Le nouveau conseil acquiert rapidement la conviction que les meilleures chances de rallier toutes les parties impliquées résident dans la réalisation du projet en deux phases, soit 650 places, puis 850 places. Le dossier reprend sa verdeur originelle.
L’année 1995 se termine sous des auspices favorables par l’accord de principe sur la construction d’une salle de 651 places. L’obtention d’une subvention à la diffusion du ministère de la Culture et des Communications du Québec et une autre du fonds conjoncturel du ministère des Régions pour la mise en place d’une permanence, deviennent significatives pour le développement de la Corporation.

La Corporation Hector-Charland prend son envol définitif sur tous les fronts à compter de l’automne 1996. Robert Picard accède à la présidence et Claude de Grandpré est nommé directeur général. Suivent l’installation d’une permanence et l’augmentation des activités de diffusion qui procurent une visibilité nouvelle à la Corporation.

Un concours d’architecture dévoile le nom de la firme choisie pour réaliser le projet de construction. À la suite du dépôt des plans et devis préliminaires, l’annonce officielle est faite par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Louise Beaudoin. Plus de dix ans séparent la formation de la Corporation et l’édification du Théâtre Hector-Charland.
Pour le conseil d’administration et pour l’équipe de la permanence, une cruciale étape est franchie, mais le travail est loin d’être terminé. Comme au début du projet, la Corporation Hector-Charland travaillera à rassembler les forces vives du milieu et à développer des partenariats inédits pour créer un foyer culturel dynamique au rayonnement régional.

Tous les artistes qui y sont passés l'ont vantée
Tous sont unanimes à déclarer cette salle comme une des plus belles du Québec.
Le Carillon
L'ancien théâtre Le Carillon

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Mot du directeur général:

Il y aura eu beaucoup d'énergie déployée pour améliorer notre environnement de diffusion. Beaucoup d'énergie à raffiner les menus détails de cette programmation et la recherche de renouveau.

Officiellement, il existe de la matière nouvelle qui saura vous convaincre de notre sérieux et de notre désir d'aller encore plus loin, avec vous et pour votre plus grand bonheur!

Surveillez nos nouvelles séries musique et arts multidisciplinaires. Observez l'accueil de compagnies d'Australie, de France et du Chili.

Plongez dans l'abondance estivale, entrez dans la danse et la chanson, vivez avec nous le 10e anniversaire du FAIT et... prenez le temps de rire un peu!

Merci à nos partenaires de diffusion: la Boîte à chansons de L'Assomption, L'Ange cornu, l'Association de Repentigny pour l'avancement de la musique, La Sinfonia de Lanaudière, la Comédie humaine, le Collège de l'Assomption et les membres du ROSEL et de Réseau Scènes.

De la part de tous les employés du Théâtre Hector-Charland et de nos partenaires de saison IGA Crevier de Lanaudière et Molson, Bonne saison et de belles trouvailles!

Claude DE GRANDPRÉ,
directeur général et artistique du THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND

 

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Mot de la présidente de la corporation:

Une douzième saison qui se décline dans différents registres et qui vous offre, sur un plateau, les performances de ces artistes que vous aimez et espérez retrouver.

Une douzième saison qui vous invite aussi à explorer et à goûter les nouveaux crus de l’année, les cépages inédits et les métissages étonnants!

Une douzième saison qui prend place dans des lieux repensés en fonction de la programmation et du haut niveau d’activités du Théâtre Hector-Charland, pour le plus grand bonheur de tous.

Une douzième saison qui saura vous réjouir, vous surprendre, vous émouvoir et, espérons-le, combler toutes vos attentes. Soyez à l’affût, faites preuve de curiosité et plongez!

Lorraine BERTHIAUME,
présidente du conseil d’administration du THÉÂTRE HECTOR-CHARLAND

 

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Histoire d'Hector-Charland:

MONSIEUR HECTOR CHARLAND, GREFFIER ET ACTEUR

D'après un texte de Christian MORISSONNEAU

Il est né à L'Assomption, le 1er juin 1883, dans le rang du Point-du-Jour Sud, fils de Louis Charland et de Marie-Lina Baignet. C'est l'année de l'inauguration de la salle académique du Collège de l’Assomption... C'est l'époque où s'est imposé le modèle des tournées théâtrales européennes et américaines, la première visite de Sarah Bernhard et surtout l'arrivée du vaudeville américain qui attire le public populaire. Rappelons qu'il n'y a pas 10% des activités théâtrales qui se donnent en français à Montréal!

Encore écolier, Hector gagne un concours où il récite l'Évangile du dimanche des Rameaux. Il est tellement ému qu'il perd connaissance: il a trouvé sa vocation et elle ne le lâchera plus. Il étudie au Collège de l'Assomption où, évidemment, il joue sur la scène de la salle académique. Il se forme en droit et voulant assurer un revenu régulier à sa famille, il accepte le poste d'assistant-greffier à la Cour d'Appel de Montréal. Il sera acteur, en même temps, quasi à temps complet. Entre la vie de bohème incertaine du comédien et la sécurité du salariat, il ne choisit pas, ou plutôt il choisit les deux. Le théâtre crie fort en lui, mais la prudence paysanne veille au grain. Il choisit deux métiers, deux vies, qui traduisent la contradiction de sa personnalité: le terrien, toujours conscient des exigences concrètes de la réalité et l'acteur qui, porté par son rêve, transcende la réalité.

À partir de 1906-1907, avec d'autres amateurs, qui, comme lui, apprennent en jouant, il se joint à des troupes qui sont nombreuses, qu'on appelle des cercles, dramatiques ou littéraires. Il y interprète les rôles les plus variés du répertoire classique et contemporain. Il fait partie des cercles Ville-Marie, Lapierre, Melançon. En 1908, il participe à un concours, au théâtre du Monument National, qui oppose 18 de ces troupes. Il ne joue évidemment pas pour l'argent mais " pour satisfaire sa passion terrible et délicieuse ". Un peu plus tard, il est mêlé à l'avant-garde théâtrale, avec Les Compagnons de la Petite Scène qui se proposent de faire connaître le " théâtre actuel ". En mars 1923, s'inspirant de Jacques Copeau et de ses mises en scène au Vieux-Colombier de Paris, cette troupe présente Le mort à cheval, d'Henri Ghéon. Les comédiens, vêtus de blouses blanches, jouent dans un décor unicolore! Elle ajoute à sa programmation, Michel Auclair de Charles Vildrac. Ces novateurs veulent se distinguer " des troupes de tournée, des scènes régulières et de leurs concurrents amateurs ". D'autres essaient aussi, des acteurs qui cherchent l'intégration des artisans du théâtre, dans une même quête de changement.

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, sensible à ces tentatives, invite les troupes «modernes» à se regrouper, au Monument National, dans le même organisme central appelé les Soirées de Famille. Un certain public, qui boude pourtant le burlesque et le " boulevard ", ne suivra pas cette trop grande innovation. Le théâtre " moderne " a fait ses premiers pas. Il reprendra vie, une quinzaine d'années plus tard, avec les Compagnons de Saint-Laurent du père Émile Legault.
On voit l'étendue de ses prestations quand Hector Charland participe aussi aux Soirées du Bon Vieux Temps, animées par Conrad Gauthier. Il y croise Ovila Légaré, Juliette Béliveau et la chanteuse La Bolduc. Dans ces mêmes années 1920-1930, il joue régulièrement au théâtre du Gésu, appartenant au Collège Sainte-Marie de Montréal. Presqu'un théâtre institutionnel. Il est alors membre du cercle dramatique des Anciens du collège, sans en être un, et joue sur cette scène trois ou quatre fois par an, pendant 27 ans, les rôles principaux les plus divers dans L'Aiglon, Le Malade Imaginaire, Le Bourgeois gentilhomme, Le gendre de monsieur Poirier, etc. Il donne des cours aux élèves du collège entre autres à Jean Gascon et Jean-Louis Roux.

Une pièce événement, sans équivalent dans l'histoire du spectacle, lance sa popularité. En 1925, à Saint-Jérôme, pour éponger les dettes de la paroisse, l'abbé Jean d'Avila Ethier compile des textes évangéliques et monte le drame par excellence: La Passion, en cinq actes et 25 tableaux, avec plus de 400 figurants et 125 choristes. Durée de la pièce: de deux heures de l'après-midi aux " petites heures de la nuit", douze heures plus tard... Hector joue le rôle du Christ. À la première, le 16 août 1925, il y a 2 500 spectateurs. Au moins 20 000 personnes à la première saison. L'année suivante, on bâtit un auditorium pour cette pièce. On y tiendra des représentations tous les dimanches de 1925 à 1928, sauf l'hiver où l'on joue au hockey... On vient de partout, jusque de la Nouvelle Angleterre. Il y a davantage de temps d'entracte que de spectacle. Celui-ci est d'ailleurs autant dans la salle que sur la scène pourtant à grands déploiements de décors, sons et lumières. On mange, on rit, on parle à voix haute. Jusqu'à ce qu'une lettre pastorale des évêques du Québec rappelle que le dimanche, jour du Seigneur, n'est pas un jour profane! Des essais à Montréal le samedi ne marchent pas. L'esprit n'est plus là. Hector Charland sauve le théâtre à défaut de sauver la pièce grandiloquente. La puissance de sa parole emporte l'adhésion du public. Il aura décidément tout joué ce boulimique du théâtre, peut-être le comédien au registre le plus varié.

Hector Charland n'est pas sédentaire. Avec les cercles, il joue au Québec, en Ontario et aux États-Unis. Dans les années 1910-1920, les cercles tiennent bon, véritables pépinières des acteurs professionnels. Les tournées françaises continuent et naissent les " revues " dont le public raffole. C'est aussi la concurrence du cinéma et de ses stars. Charland débute à la radio, à CKAC, avec le premier radio roman de la station Le curé du village, de Robert Choquette, de 1935 à 1938. Il le reprendra au cinéma, en 1949. Il sera également une des vedettes de l'émission Le Ralliement du rire avec Fred Barry et Gérard Delage, abordant ainsi l'univers de l'humour. Et puis arrive Séraphin, le rôle mythique d'une génération d'auditeurs.
En 1939, Radio Canada demande à Claude-Henri Grignon, l'adaptation de son roman Un homme et son péché. Grignon donne à Charland le rôle de Séraphin Poudrier. De 1939 à 1962, il interprète, à la radio, le rôle de l'avare, tous les soirs durant 15 minutes. Les sept premières années la réalisation est signée Guy Maufette, et continuée par Lucien Thériault. Le succès est si grand que l'auteur écrit, en 1942, une série de sketches, Les Paysanneries, où Charland joue sur scène son fameux personnage. Les " voix " de la radio sont alors visibles: Estelle Maufette (Donalda), Albert Duquesne, Amanda Alarie, Juliette Huot, Fred Barry. On les joue jusqu'en 1946. À Ottawa, après la représentation, des spectateurs veulent malmener le " maudit Séraphin ". Charland a besoin de la police...

Le cinéma s'empare de l'acteur. Un homme et son péché sort en 1949; Séraphin, en 1950. Dans ce dernier, Nicole Germain joue Donalda et Guy Provost, Alexis Labranche. En 1956, la télévision, toute neuve, s'empare elle aussi du roman. Charland ne joue pas Séraphin mais le père Évangéliste (le père de Séraphin), dans ce qui est devenu Les belles histoires des Pays d'en Haut. Claude-Henri Grignon décide du changement de rôle... Charland aurait-il si vieilli?
Une époque se termine. Le personnage est devenu un type humain. Il va demeurer dans les consciences. On dit maintenant " un Séraphin " pour parler d'un avare. Le comédien peut sortir de scène. Lorsqu'il s'éteint, le 27 décembre 1962 à l’âge de 79 ans il a réussi, fidèle à sa vocation et à son rêve. L'histoire théâtrale du Québec reconnaît en lui un des grands acteurs de ce siècle. Cette scène régionale, qui porte son nom, transmet aujourd'hui et demain, le souvenir de sa mémoire.

 

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